Le 17 novembre 2025, j’ai mis en ligne Pokedexia.com. Six mois plus tard, le site reçoit 18 000 visiteurs par mois depuis Google. Aucun budget pub, aucun backlink acheté, juste du contenu et un peu de SEO chaque jour.
Cet article, c’est le journal de bord brut.
Je suis dev, je bosse en parallèle de mon agence (teradev), et Pokedexia c’est mon side project. Tout seul, sur mon temps libre, brique par brique. Si tu cherches un growth hack magique, tu n’es pas au bon endroit. Si tu veux savoir ce qui marche vraiment quand on lance un site SEO de zéro en 2026, alors voilà mes vrais chiffres, ce que j’ai fait, les phases que Google m’a fait traverser, et les erreurs que j’aurais aimé éviter.
Pourquoi j’ai lancé Pokedexia
Novembre 2025. Je me remets aux Pokémon. Je relance les jeux sur Switch, je commence à collectionner les cartes (sérieusement cette fois), et très vite je réalise un truc agaçant : impossible de trouver les infos facilement.
Je veux check une carte ? Un site. Je veux la valeur de cette carte ? Un autre site. Je veux savoir où chopper ce Pokémon dans le jeu en cours ? Encore un autre. Je jongle entre 5 onglets pour la moindre question.
Et le pire, c’est que la plupart de ces sites sont moches, lents, ou bourrés de pub agressive.
J’ai un domaine qui dort dans mon Namecheap depuis longtemps : pokedexia.com. Acheté un soir d’enthousiasme, jamais utilisé. La décision se fait toute seule : je vais construire la ressource Pokémon que j’aurais voulu trouver.
Pas pour devenir riche. Pas pour faire le buzz. Juste parce que ça m’énerve et que j’ai les compétences pour le faire.
Les chiffres aujourd’hui
Six mois après le lancement, voilà où j’en suis :
- 2 000+ pages indexées sur Google
- 423 mots-clés positionnés suivis (donnée Ubersuggest), visible sur plus de 3000
- ~18 000 visiteurs / mois
- 78% du trafic vient du mobile
- Domain Rating Ahrefs : 2 (presque uniquement des referring domains automatiques pour l’instant – le vrai linking éditorial commence maintenant)

Le top des pages qui génèrent le plus de trafic n’est pas celui que j’attendais. Je pensais que les Pokémon ultra-populaires (Pikachu, Mewtwo, etc.) seraient mes locomotives. En réalité, ce sont les pages liées aux jeux récents comme Pokémon Pokopia ou Pokémon Champions, et aux extensions TCG en cours de hype sur la page Cartes Pokémon, qui dominent largement. Logique avec le recul : c’est là que la demande de recherche est la plus active à un instant T.
Apprentissage numéro 1 : le SEO récompense les sujets qui bougent, pas seulement les sujets populaires.
Les 5 phases que Google m’a fait traverser
Si je devais résumer 6 mois de SEO en une seule leçon, ce serait celle-là : Google ne te récompense pas linéairement. Il te teste, te sélectionne, te filtre, puis te promeut. Et entre chaque phase, il y a des moments où tu doutes sérieusement.
Phase 1 – Découverte (novembre 2025)
Le site est en ligne depuis quelques jours. Google découvre, explore, indexe progressivement les 1000+ pages. Je me retrouve avec 20-30 mots-clés positionnés, quelques centaines d’impressions par jour.
L’émotion : « putain, ça marche ! ». Les premiers clics organiques tombent. Tu te dis que dans 3 mois tu seras déjà à 50k visiteurs.
Spoiler : non.
Phase 2 – Sandbox / Test (décembre-janvier)
Là, ça devient violent. Google teste massivement le site : il pousse certaines pages très haut pour voir comment les utilisateurs réagissent.
Pic à 145 mots-clés positionnés. Pic à 16 000 impressions par jour. Je flippe de joie.
Puis, sans prévenir, chute brutale à 3k impressions. En quelques jours.
C’est le moment classique où la majorité des gens abandonnent leur projet. Ils croient que Google les a pénalisés, que leur site est cassé, qu’ils ont fait une erreur. En réalité, c’est juste la sandbox : Google a fait son test, il retire le site du devant de la scène pendant qu’il décide quoi en faire.
Mon conseil pour cette phase : ne touche à rien. Continue de publier. Ne change pas tout ton site en panique. Le pire que tu puisses faire, c’est sur-réagir.
Phase 3 – Filtrage (fin janvier)
Google a réévalué. Il garde 35 à 60 mots-clés stables et abandonne ceux qu’il avait testés temporairement. Le crawl se stabilise.
C’est le moment où tu doutes le plus. Le pic est passé, tu n’es plus à 145 mots-clés mais à 50, et tu te demandes si ça va vraiment redécoller.
Je n’ai pas changé ma stratégie. J’ai juste continué à publier du contenu utile.
Phase 4 – Consolidation (février)
100+ mots-clés positionnés. Positions principalement entre 15 et 40 sur Google. ~800 clics organiques par mois. La courbe redevient régulièrement haussière.
Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est stable. Et la stabilité, en SEO, c’est de l’or.
C’est le moment où je commence à y croire vraiment.
Phase 5 – Autorité progressive (mars-avril 2026)
180+ mots-clés au début, puis 423 maintenant (visible sur plus de 3000). Certaines pages entrent dans le top 10 et top 20. Le trafic se diversifie : Google bien sûr, mais aussi Bing, Ecosia, DuckDuckGo, Yahoo, Qwant.
Cette diversification, c’est un signal très positif. Quand plusieurs moteurs te référencent, c’est que tu as construit une vraie autorité thématique, pas juste optimisé pour un algo.
Ce qui a vraiment marché
Si je devais isoler ce qui a fait la différence sur ces 6 mois, voilà les 4 leviers que je remettrais sans hésiter :
1. Une architecture SEO solide dès le jour 1
J’ai pris le temps avant le lancement. Server-Side Rendering, schema.org partout, sitemap propre, URLs lisibles, métas optimisées, Core Web Vitals dans le vert. Pas de raccourcis sur la base technique.
C’est moins fun que de publier du contenu, mais c’est ce qui permet à Google de te prendre au sérieux dès le premier crawl. Si ta base est pourrie, tu vas passer 6 mois à colmater au lieu de construire.
2. Du volume de pages utiles, pas du remplissage
1025 Pokémon dans le Pokédex = 1025 pages avec une vraie data unique pour chacun. Plus toutes les pages d’extensions TCG, les jeux, les guides, les news.
La logique : pas une page = un mot-clé, mais une page = une réponse complète à une intention de recherche. Si quelqu’un cherche « Mewtwo », il doit trouver tout ce qu’il a besoin de savoir sur Mewtwo, pas un paragraphe générique.
C’est une stratégie de ressource exhaustive, pas de blog d’opinion. Plus chiante à construire, plus payante à long terme.
3. Mobile-first, vraiment
78% de mon trafic vient du mobile. C’est énorme. Et c’est typique des audiences gaming/Pokémon.
Conséquence pratique : je teste tout sur mobile en priorité. Le design, la nav, les temps de chargement. Quand je suivais mes positions Ubersuggest au début, je regardais les exports desktop, et je me demandais pourquoi mes chiffres ne collaient pas avec mon trafic réel. Toujours filtrer mobile quand 80% de ton audience est mobile. Sinon, tu prends de mauvaises décisions sur des données qui ne représentent rien.
4. Publication régulière, sans pression
Pas de croissance en flèche. Pas de growth hack. Pas de stratégie de viral content. Juste publier ce que les gens cherchent, régulièrement, mois après mois.
Un check-in Search Console toutes les semaines, le mardi matin. Je regarde ce qui monte, ce qui descend, ce qui pourrait être amélioré. Et je continue.
C’est la méthode brique par brique. Ce n’est pas glamour, mais c’est ce qui marche pour quelqu’un qui bosse seul, en parallèle d’un job principal, sans budget.
Pourquoi mon site est encore moche (et pourquoi c’est volontaire)
Si tu visites Pokedexia aujourd’hui, tu vas remarquer un truc : l’UX n’est pas optimisée. Le design est correct mais sans plus, la navigation peut être améliorée, certaines pages manquent de finition. Et c’est complètement assumé.
C’est ma méthode sur tous les projets que je lance, perso comme pro : brique par brique. Tu valides un truc, puis tu passes au suivant. Pas l’inverse.
L’ordre que j’ai suivi :
- Brique 1 – L’idée : est-ce qu’il existe un vrai pain point (oui, j’étais le premier utilisateur frustré)
- Brique 2 – La data : est-ce que les gens cherchent ces infos (oui, le volume de recherches Pokémon est massif)
- Brique 3 – Le SEO : est-ce que je peux capter ce trafic (réponse en 6 mois : oui, 18k/mois)
- Brique 4 – L’UX et le design : on y est maintenant
- Brique 5 – La monétisation et l’app : suite logique
Faire un site magnifique pour 0 visiteurs, ça n’a aucun sens. C’est l’erreur que je vois faire à 90% des indie devs : ils passent 6 mois à peaufiner le design d’un produit que personne ne vient utiliser. Ils ont le plus beau site de leur catégorie, et 12 visiteurs par mois.
Moi j’ai fait l’inverse. J’ai validé que les gens viennent (18k visiteurs/mois sans budget = la demande est là). Maintenant que c’est validé, je vais commencer à me pencher sur l’UX et le design tout doucement. Pas avant.
C’est exactement la même méthode que j’applique avec teradev sur les projets clients : on construit l’essentiel qui valide l’hypothèse, on mesure, et seulement ensuite on raffine. L’inverse, c’est mettre la charrue avant les bœufs – et c’est comme ça que la majorité des projets meurent en silence.
Mes erreurs (les vraies)
Maintenant le truc que personne ne raconte : ce que j’ai foiré.
Erreur 1 – Les URLs .well-known/genid/ qui polluaient Search Console
Pendant des semaines, Search Console me remontait des centaines d’URLs étranges en /.well-known/genid/[hash]/. Je n’ai pas compris tout de suite d’où ça venait. C’était lié à un comportement par défaut de mon stack que je n’avais pas anticipé.
Solution : retour 404 sur ces URLs + Disallow dans robots.txt + soumission de retrait dans Search Console. Réglé en 2 semaines, mais ça m’a fait perdre du temps de crawl utile.
Apprentissage : check Search Console toutes les semaines. Les anomalies se voient vite si tu regardes vite. Si tu regardes une fois par mois, tu accumules des problèmes silencieux.
Erreur 2 – Le sous-domaine api.pokedexia.com qui s’indexait
J’utilise un sous-domaine API pour servir mes données à mon front Angular SSR. Problème : Google a commencé à crawler et indexer cette API, ce qui n’a aucun sens.
Première tentative : bloquer via robots.txt. Mauvaise idée, parce que Angular SSR a besoin de fetcher les données, et un robots.txt trop restrictif peut casser ce flow.
Bonne solution : laisser robots.txt en Allow: / mais ajouter un header HTTP X-Robots-Tag: noindex au niveau Nginx (ou Symfony). Comme ça l’API reste accessible à mon front, mais Google ne l’indexe pas.
Apprentissage piège : robots.txt et X-Robots-Tag ne sont pas équivalents. Le premier contrôle le crawl, le second contrôle l’indexation. C’est deux mécanismes différents qu’il faut savoir combiner.
Et maintenant ?
La croissance continue. Le site entre progressivement dans le top 10 mobile sur des requêtes du Pokédex, et les pages Cartes Pokémon commencent à bien performer.
Le 22 mai 2026 sortira la nouvelle extension TCG Chaos Ascendant. Mes pages sont déjà indexées, déjà bien positionnées avant le lancement. C’est l’opportunité de transformer un événement éditorial en pic de trafic ciblé.
L’objectif des prochains mois : continuer à construire la référence Pokémon francophone. Plus de guides, plus de contenu sur les jeux récents, plus de profondeur sur le TCG.
Et puis… le site n’est qu’une étape. L’idée à terme, c’est une app mobile pour les fans de Pokémon. Quelque chose que je construis brique par brique, sans pression. Mais on en reparlera quand le moment sera venu.
Ce que je retiens en 3 points
1. Le SEO solo, ça marche encore en 2026. Mais ça demande du temps, de la régularité, et la capacité à tenir mentalement pendant les phases où Google te teste. Personne n’en parle, mais le SEO est autant un défi psychologique que technique.
2. Les phases Google sont normales. Si tu lances un site et que tu vois une chute brutale après 4-6 semaines, ne panique pas. C’est la sandbox, ça passe. Continue à publier.
3. Construire utile bat construire vite. J’ai vu mille tutos sur « comment ranker en 30 jours ». Aucun ne tient la route à long terme. Ce qui tient, c’est de construire une ressource qui rend service. Le reste suit.
Pokedexia n’est pas un projet « fini ». C’est un projet en construction. Mais après 6 mois, je peux dire avec un peu plus de certitude qu’avant : la méthode brique par brique fonctionne, même seul, même sans budget.
Si tu veux suivre la suite, je documenterai les prochaines étapes ici. Et si tu lances ton propre projet, tu peux me dire ce que cet article t’a fait, ça m’intéresse.
